Michal Batory, un affichiste d’exception

Michal Batory est un affichiste français d’origine polonaise, installé à Paris depuis la fin des années 1980.
D’origine polonaise, l’affichiste Michal Batory vit en France. Il nous invite au pays de ses images. Son univers, tout en énigmes et poésie, fait l’objet d’une rétrospective au musée des Arts décoratifs.
L’art de l’affiche est né en Pologne ?
L’affiche moderne, oui, sans aucun doute. L’école polonaise de l’affiche n’est pas la plus grande du monde mais c’est celle qui a le plus marqué le monde de l’affiche. L’école polonaise des années 60-70 a même révolutionné cet art. Si on parle de l’affiche, on parle de la Pologne, de Cieslewicz, Starowieyski, Lenica. Tous ces grands maîtres qui ont marqué le monde entier en proposant des images décalées, intelligentes et belles implicitement. C’étaient des peintres artistes affichistes.
Pourquoi vivez-vous en France ?
Parce que j’en avais marre du communisme. Je suis arrivé en France deux ans avant la chute du Mur, en 1987. Les affichistes, comme tout le monde en Pologne, étaient harcelés. Mais ils ont su décaler toutes ces difficultés de la vie par des images intelligentes. Pour mon diplôme, je devais aller au commissariat montrer mon projet : on ne pouvait rien imprimer sans un visa de la police, même pour un diplôme de l’école des beaux-arts. C’était en 1985. En même temps, je pense que toutes ces difficultés ont donné une grande force à la Pologne. Comme dans tous les pays sans liberté, on s’évertue à tromper la censure. Cela donne des choses très belles. Toujours codées. Les censeurs étaient vraiment débiles, ils ne comprenaient pas grand-chose au travail des artistes. En Pologne, tout le monde se marrait devant certaines images qui avaient passé la censure. C’était beau de voir 40 millions de personnes rire de la connerie. Cela donne une vraie énergie, les difficultés nous ont rendus plus créatifs. C’est ça aussi le surréalisme.
La rue est sa galerie depuis dix ans. Avec ses affiches d’une apparente simplicité, il ouvre aux passants les portes des théâtres et des manifestations culturelles. Pourtant, ses images ne livrent jamais immédiatement leur idée, comme pour provoquer une attention supplémentaire et instaurer un dialogue entre le graphiste et ses publics. Michal les invite à décoder ses images, en jouant sur l’émotion, la dualité, l’humour et la tendresse.
L’étudiant qu’il est goûte à la diversité des styles, surréalistes, oniriques ou expressionnistes, digère les codes et développe un regard, confronté aux lithographies sur les murs des villes : l’idée soutient l’image et le jeu de la métaphore est omniprésent. Aujourd’hui, on retrouve ces influences dans ses affiches pour le Palais de Chaillot à Paris ou l’ Arsenal de Metz qui lui ont confié leurs communications visuelles.

Michal Batory est né à Lodz, en Pologne, en 1959. Il étudie à l’école des Beaux-Arts de Lodz et obtient un diplôme en design graphique, avec une spécialisation en affiche. Comme tous les grands affichistes polonais, Michal Batory est harcelé par le régime en place et doit se montrer toujours plus créatif et énigmatique pour évincer la censure. Influencé par Roman Cieslewicz, Franciszek Starowieyski ou encore Jan Lenica…, l’artiste se construit un univers poétique imprégné de surréalisme. Assoiffé de liberté, il décide de quitter son pays et s’ installe à Paris à la fin des années 80.
Le style ‘Batory’, c’est un don certain pour la composition, la métaphore, les associations improbables, le tout relevé par une attention particulière dans ses choix typographiques. Pourtant, ses affiches ne livrent jamais immédiatement leurs idées, elles surprennent puis invitent le public à la lecture, comme une oeuvre d’art.
Après quelques années passées en agence, les grandes institutions culturelles lui ouvrent leurs portes : le théâtre de la Colline, l’Ircam*, le Centre Pompidou, le théâtre Chaillot…
Michal Batory a reçu de nombreux Prix, notamment le Premier Prix du public du Festival d’Affiches de Chaumont en 1996.

Aujourd’hui, son oeuvre fait l’objet d’une rétrospective au musée des Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli 75001 Paris, juqu’au 30 avril prochain.

Pour en savoir plus, vous trouverez sur le site wwww.pixelcreation.com, 140 affiches et travaux graphiques commentés par l’artiste lui-même.

* Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique

Une belle idée de cadeau pour Noël !

Marvin Gaye, Andy Warhol, Michael Jackson, Shining, Jimi Hendrix, la coupe du monde de football 2010, Top Gun… parce qu’ils sont des hommes, des oeuvres ou des événements emblématiques et médiatiques, quelques objets suffisent à les distinguer. C’est ce que nous démontrent James Alexander Mathers et Andrew Lau, illustrateurs du studio canadien Moxy Creative, en réalisant des affiches dans un style minimaliste. Un bel exercice d’originalité qui n’a malheureusement pas rendu hommage aux femmes.

Découvrez les 4 collections d’affiches (30 x 39 cm – 22, 50 euros) sur www.moxycreative.com.


Concours « Poster for tomorrow »

Posterfortomorrow

Parce que le graphisme, les affiches sont des moyens de susciter des changements dans les sociétés du monde entier, le concours  » Poster for tomorrow  » sur le thème de l’abolition mondiale de la peine de mort, a ouvert ses portes le 10 avril dernier. Les créations devront porter le message suivant : « La peine de mort n’est pas justice. Je ne veux pas qu’elle soit exécutée en mon nom, dans mon pays ou dans le monde ». Ce concours est ouvert aux ressortissants de tous les pays. Cent affiches seront sélectionnées, par un jury de douze designers de différentes nationalités, et exposées dans cent villes du monde dans le cadre de l’exposition « Mort n’est pas justice ». Dix d’entre elles intègreront la collection permanente de musées du design du monde.

www.posterfortomorrow.org